Le train de 12h22 est arrivé. Quarante personnes descendent et la moitié vient chez toi. Avant, tu prenais les commandes une par une au comptoir, chaque client mettait 90 secondes à se décider, et la queue débordait sur le quai.
Aujourd'hui, deux bornes à l'entrée. Le premier client, un Tessinois qui parle italien, choisit sa langue, compose son dürüm poulet sauce algérienne, paie par Twint. 50 secondes. Derrière lui, un Allemand prend une assiette mixte avec quatre sauces différentes : il a tout coché à l'écran, pas un mot échangé, ticket parfait.
Pendant ce temps, à la plancha, ton équipier découpe la viande sans interruption. Les tickets arrivent en flux continu, lisibles, complets. Ta caisse fait sonner les paiements toutes les 40 secondes au lieu de toutes les 90.
À 13h45, tu as sorti 110 commandes au lieu de 75. Ton chiffre d'affaires de la pause de midi vient de monter de 1'400 CHF, sans que personne n'ait travaillé plus dur. Juste plus intelligemment.